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Musique, légendes, Histoire et traditions populaires

L'Histoire, la musique, les mythes chantés, les légendes contées,...

 

Les maîtres anciens de la musique traditionnelle soufie

Roumi, Hafez, Khayyam, les grands poètes mystiques soufis ont inspiré et inspirent encore la musique traditionnelle iranienne qui attire de plus en plus les jeunes artistes. Mais qui sont-ils ? Le soufisme est-il une religion ou un mouvement artistique ? Quel rapport y a-t-il entre les sectes se revendiquant des derviches tourneurs et les poètes chanteurs qui, comme les bardes celtiques, les troubadours médiévaux, mêlent mysticisme, amour et poésie ?

Voici quelques biographies des maîtres les plus connus, des auteurs mystiques à qui l'on attribut des centaines de poèmes soufis, sachant que ces poèmes étaient nécessairement chantés.

Jalal El-Din Mohamed Balkhi Roumi, dit Mawlana (1207 - 1273)

Né à Balkh dans le Khorasan (nord-est de l'Iran), il fit ses études à Alep et à Damas. Il a passé la majeure partie de sa vie en Turquie à Qunieh (en français Konya) où il enseigna, à la suite de son père, la jurisprudence et le droit canon. Il y est aujourd'hui enterré.
En 1244, il rencontre celui qui allait devenir son maître spirituel, le derviche errant Shams de Tabriz. Il devint alors un des plus grands mystiques, guide spirituel de nombreuses générations et auteur d'une oeuvre littéraire immense. Dans ses poèmes et ses essais, il souhaite éclairer le lecteur sur l'Unicité du monde, où la divinité se réfracte dans la diversité des phénomènes naturels. Lui qui se voulait "voyant" six siècles avant Rimbaud, affirmait que si l'on coupe un atome, on y trouve un soleil et des planètes tournant autour... Son appréciation intuitive et religieuse de l'Univers rappelle fort celle de Giordano Bruno, brûlé en 1600 à Rome pour avoir précédé Galilée. Il est présumé être le fondateur des Derviches tourneurs.
Le Mawlana (le maître) est un adepte de l'initiation, qu'il appelle la "métanoïa", une nouvelle orientation de l'âme mais une véritable naissance, où l'homme devient "ce qu'il est", c'est à dire retrouve en lui-même l'univers tout entier. Sa littérature, dans le style de son temps, utilise la symbolique et l'analogie, dans un langage simple pour être compris de tous. Elle est la plus lue dans le monde musulman, juste après le Coran! De plus, les poèmes de l'époque étaient chantés et Rumi a excellé dans l'art de la composition musicale; il est toujours le grand inspirateur de la musique turque. Mais ce qui inspire sans doute le plus les artistes d'aujourd'hui est la somme de poèmes qui placent l'Amour et l'Ethique au sommet de l'âme humaine.

"Un jour, pris d'extase, un soufi déchira sa robe. Il appela ce vêtement "Soulagement". Cette appellation fit fortune et chacun voulu porter pareil vêtement mais seul le précurseur connut le vrai soulagement. La foule, elle, n'eut que la lie du vin. Une chose peut être pure à l'intérieur, mais le nom de la chose est comme la lie du vin pour les suiveurs. Si vraiment tu désires connaître la vérité, déchire toi aussi ta robe et tu connaîtras le soulagement. Un soufi est celui qui cherche la pureté. Ne croyez pas que ce soit une question de parure ou une affaire de tailleur!" - (extrait du "Mesnevi" de Mawlânâ aux éditions Albin Michel)

En nos périodes de modes médiatiques et de consumérisme, cette fable a toute son actualité...

(Khajeh) Shamseddin Mohammed Hafez (1325? - 1388?)

Hafez est un personnage mystique mais aussi mythique : si Goethe affirmait le lire comme on lit la Vérité, sa vie est une légende... son originalité et son indépendance d'esprit en ont fait un héros très controversé. Nous nous contenterons de ce qui semble le plus "historique"...
Hafez est né et mort à Shiraz (près des sites de Persepolis et Passagardes) et, très jeune, il récitait par coeur le Coran et les oeuvres de Roumi, Izami, Saadi, Farid Eldin Attar,... ses idoles.
Il devint le disciple d'Attar de Shiraz vers 21 ans. Il exerça alors comme poète officiel de la cour d'Abu Ishak. Cette période, qui assura sa renommé à Shiraz, est décrite comme sa période "romantique spiritualiste". Dix ans après, la ville est prise par Muzaffar qui chasse Ishak comme il chasse Hafez de sa chaire coranique. Hafez abandonne alors le romantisme pour la contestation. Le Shah lui rend ses fonctions quelques années seulement car le poète tombe en disgrâce auprès du grand souverain. Ces quelques années durant laquelle il a bénéficié de la plus haute protection ont été l’apogée de sa littérature la plus subtile. Il part donc en exil et chante sa nostalgie. Le Shah le rappelle enfin à Shiraz. Pendant ce temps, sa conscience mystique prend de l'ampleur et vers 60 ans il débute son initiation sous le magister d'Attar. Illuminé, il compose la moitié de ses gazhals et créé son propre cercle de disciples. L'un d'entre eux, Sayyid Kasim-e Anvar, s’appliquera à diffuser ses quelques 569 poèmes. Son oeuvre est controversée et même sulfureuse à tel point que le clergé officiel lui refusera une sépulture religieuse. Il faut avouer qu'on mêla la personne de Hafez et son oeuvre à diverses croyances... ses poèmes servent par exemple d'oracle!

"Si nous sommes en quête d'harmonie à travers toute chose : la musique, la danse, la beauté, l'union avec l'Autre.… c'est que nous avons le sens d'une Harmonie supérieure déjà connue" proverbe soufi.

Hakim Omar Khayyam (fin XIème - 1123)

Né à Naishapur, dans le Khorassan et disciple du très renommé Imam Mowaffac aux côtés de Hassan Ben Sabbah qui allait devenir plus tard le tristement célèbre Vieux de la Montagne (maître de la secte des Hashishin que les croisés appelleront les Assassins). Khayyam exerça comme astronome auprès du vizir et participa à la réforme du calendrier. Ses tables astronomiques et ses traités d'algèbre furent diffusés dans le monde entier. Mais ses poèmes eurent moins de succès, ils ne furent pas encensés dans sa région et beaucoup nous sont parvenus en mauvais état. En fait, sa poésie se retrouve plus dans la symbolique alchimiste d'un génie des sciences qu'il était que dans la beauté des mots. Bien qu'il soit considéré par certain comme un épicurien, il est avant tout un savant de son époque, c'est à dire un admirateur de l'Oeuvre divine qui mêle l'image poétique avec une vérité encore difficile à expliquer.
Grand révolté contre la religion détournée de son dessin divin, il prône la justice et met en avant la destinée.

Musique mystique ou musique traditionnelle?

Chez les soufis, la relation avec le divin se fait, comme dans de nombreuses traditions, avec la musique et la danse. Cette sorte de transe, les soufis l'appellent le samâ'. Il est dificile de traduire ce mot qui signifie en langage profane quelque chose comme "audition". Le samâ' est plus qu'une audition puisse qu'il permet de percevoir le divin dans la musique que l'on écoute. Pour certains, seuls les textes et les musiques sacrées permettent le samâ'. Pour d'autres, plus nombreux et moins sectaires, c'est avant tout l'auditeur qui doit être disposé à entrer en méditation. Certains grands maîtres se contentent même du chant d'un oiseau. Peu importe donc si la musique est religieuse, traditionnelle ou encore de composition récente. Elle doit inspirer et simplement servir de soutien psychologique et non spirituel au soufi. Une sorte de béquille pour apprendre à marcher. Un répertoire s'est créé du Moyen-Âge à nos jour, comprenant les mélodies traditionnelles sur lesquelles les premiers soufis ont chanté leurs poèmes (mélodies souvent turques), les chants sacrés composés pour certains rituels apparus au fil du temps et des compositions récentes de musiciens contemporains. La transmission s'est faite de bouche à oreille durant des siècles, avec des ajouts, des oublis, des arrangements, des mises au goût de jour, etc. C'est donc un véritable répertoire traditionnel qui n'a rien à envier aux autres répertoires régionalistes.

gildas monjoin - 11 septembre 2004

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