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Musique, légendes, Histoire et traditions populaires

L'Histoire, la musique, les mythes chantés, les légendes contées,...

 

PETIT LEXIQUE DE LA CHANSON TRADITIONNELLE FRANCAISE

(comme le dictionnaire, il n'est jamais vraiment complet...)

Allégorie : figure de style qui utilise un objet, un animal ou un personnage pour personnifier un concept abstrait. Utilisée dans le langage courant chez les bretons anciens, elle n'apparaît chez les poètes qu'à la Renaissance et dans la poésie populaire qu'à l'époque des Lumières sauf quand il s'agit de personnages bien connus comme l'Ankou pour la mort par exemple. Les personnages de légende sont, en fait, tous des allégories, mais ils représentent bien plus qu'un concept, ils sont à eux seuls une histoire, un événement, une morale. Ils ont tous un nom propre. Les objets mythiques sont aussi de la partie, et sont associés à des noms propres également. Korridwen, l'apprentie druidesse qui suit un sorcier et finira enchanteresse, est une allégorie des plus utilisées dans les contes de traditions celtiques, elle est l'archétype de toutes les jeunes filles à la fontaine qui suivent un mauvais homme. Plus connus aujourd'hui, Dédale, son fils Icare et le Minotaure sont trois allégories et trois destins différents. Avant la Renaissance, on ne les utilisait jamais comme simple effet de style mais bien pour rappeler une branche sacrée de la tradition.

Aller à la fontaine : à l’origine les fontaines étaient des sources et les sources sont, dans le monde entier, des lieux saints. En France elles étaient gardées par des fées ou des guérisseuses, en Bretagne par des druidesses (korriganes), en Méditerranée par des vierges consacrées. Pour les païens, l'eau était l'élément naturel qui représentait l'Âme comme la terre peut-être associée au corps (lorsqu'on s’apercevra que l'air n'est pas du vide, il représentera alors l'esprit dans un monde où on commence à dissocier l'esprit de l'âme, la science de la religion). Les chansons destinées à édifier la jeunesse sont entrées au top50 des auberges malfamées : de l'Âme on est passé à l'amour et les fées ou druidesses se sont transformées en courtisanes, en filles à marier, pucelles en mal d'amour, etc. On allait donc à la fontaine comme on irait en boite de nuit de nos jours... pour draguer.

Aller au bois : après la fontaine si affinité.

Armure : la Foi

Blanche Biche (la) : créature mythique, idéal féminin, symbole de la chasse royale. Ce mythe, difficile à cerner, remonte à l'époque où la chasse est devenue un privilège, c'est à dire à la division de la société entre classes sociales de cultivateurs, guerriers, clercs. Dans les sociétés indo-européennes, le roi est roi par la grâce du ou des dieux, il est le seul, lui et ses compagnons (car la chasse à courre ne se fait pas seul) à pouvoir chasser la Blanche Biche, le plus noble et le plus vertueux des gibiers. Elle n'est pas de notre monde, mais vient soit du monde souterrain, soit de l'eau (comme, plus tard, la licorne). En anglais elle est "the fallow doe". Elle précède au Grall dans les contes arthuriens. D'ailleurs, dans une très vieille chanson chrétienne anglaise, elle est la Dame du Lac. En Bretagne, elle sera une des formes choisies par les korriganes pour se dissimuler dans les bois.

Briser l'aile, la jambe : déflorer.

Cerf : est le premier gibier de l'humanité. Par ses bois qui repoussent chaque année et parce qu'il est le plus rapide des gibiers, il est la matérialisation du temps dans la symbolique des premiers hommes. Il sera le premier animal associé au soleil. Il est (dans toutes les civilisations!) celui qui enseigne aux enfants, l'initiateur. Il est généreux (il partage avec le boeuf et la chèvre le mythe de la corne d'abondance). Il sera le chaman des peuples indo-européens (et ancêtre du Père Noël), le prêtre, et même le Christ ses bois formant alors une croix dans un cercle.

Chasse : c'est, dans les chansons courtoises (dans la mouvance des troubadours) ou dans les chansons récentes (depuis la renaissance), l'occasion de se perdre et de séduire. Dans un style beaucoup moins léger, la chasse était dans les contes anciens la quête du savoir... et du pouvoir. Le but est soit de se nourrir de savoir (manger le sanglier qui symbolise la classe sacerdotale) soit de maîtriser son inconscient (le cheval), soit combattre la bestialité (tuer le béhémoth, l’hippopotame, le loup, le dragon, tous les monstres chthoniens et aqua-telluriques, c'est le rôle d'Arthémis, de Saint Michel, du Pharaon, de Gilgames, etc...). La chasse symbolisait aussi la lutte des classe, L'ours (Arthur, le Roi, la classe guerrière) remplacé plus tard par le lion (influence orientale et africaine) dévore le sanglier ou la biche (les druides et les druidesses), le cerf (le chaman puis le moine) ou chasse le lievre (les prolétaires) et le goupil (les vilains), il est aidé de ses chiens (les guerriers, les semeurs de mort). Lorsque le gibier est "blanc"... c'est qu'il est déjà mort (un enfant mort peut revenir en lapin blanc par exemple). Quand on décrypte ainsi les plus anciennes légendes de l'humanité, on s’aperçoit que le peuple paysant n'appréciait guère le pouvoir de la classe guerrière.

Chien/loup : deux facettes d'un même personnage, l'une est obéissante et sociabilisée l'autre est libre et concurrente directe de l'homme. Le chien représente le guerrier, il obéit, il sème la mort. C'est donc très rapidement un symbole de mort sans retour pour de nombreuses civilisations dominées par les légistes et les comptables (ex. le Cerbère). Mais le chien reste un symbole positif dans les sociétés dominées par la classe guerrière (ex. Cuchulainn). Le loup n'est pas dominé, il est tout ce que le chien a de violent, mais obéit à d'autres lois que celle de la société (les loups ont une hiérarchie au sein de la meute). Il aurait put être un animal estimé, malheureusement pour lui, l'homme vénère les animaux qui lui sont utiles. Or, le loup n'est pas très nourrissant, il n’obéit pas, chasse le même gibier que l'homme, bref, c'est un concurrent. Il sera donc associé aux parias, aux exilés, aux bandes de bandits organisés, aux soldats en rupture de ban. Si dans la légende, Romulus et Rémus furent allaités par une louve, on sait en réalité, que les premiers habitants de Rome étaient des hors-la-loi rejetés des grandes villes.

Cresson : plante qui pousse en "génération spontanée" (bien sûr c'est faux) dans l'eau... donc le fruit de l'Âme. C'était la nourriture des druides.

Eau : l'Âme, l'amour, les sentiments. Sous toutes ses formes poétiques : fontaine, rivière, étang, source, ...

Endormir (s') : se laisser emporter par l'amour...

Faire l'amour : faire la cour. Et oui, avant de se marier il faut faire l'amour... parfois plus d'un an!

Jardin : secret, intimité.

Ours : Il aurait pu subir le même sort que le loup et être relégué dans l'annuaire des animaux négatifs. Et pourtant, par son comportement, il a gagné la faveur des premiers hommes du Nord (peuples indo-européens et précolombiens) pour être ensuite remplacé par le lion des hommes des pays chauds qui n'avaient pas connu, eux, la chasse dans la neige. Parce qu'il hiberne, il est associé au soleil et donc au temps à l'instar du cerf. Parce qu'il est impitoyable en société (comme le lion, il tue la progéniture des autres mâles) et fait régner un régime autocratique aux siens, il est associé au roi et au totem tribal. Le nom d'Arthur vient lui-même d'une racine celtique voulant dire ours. Et Arthur, avant d'être un roi de légende était une divinité celte ayant de nombreux points communs avec la divinité de l'ours dans les tribus nomades de la toundra et de l'Amérique précolombienne (l'ours partage cette universalité avec le cerf). Par son privilège royal de descendance, il est pour de nombreux peuples l'Ancêtre sacré. De tout ceci, la chanson populaire n'a gardé que de très rares allusions, le peuple avait sans doute peu à faire avec la sacralité de ses gouvernants (d'autant plus que ces derniers ont finalement opté pour la symbolique du lion). Mais l'ours-ancêtre est resté présent dans certaines traditions.

Pomme d'orange : vendre ses pommes d'orange, c'est chercher un mari riche. On peut le faire pour soit ou pour sa fille.

Rossignol : Cupidon, une divinité, avec laquelle seul l'âme peut communier. On n'avait pas le droit de nommer les dieux païens. Les auteurs de la Renaissance, eux, ne s'en priveront pas! C'est un des personnages récurrents les plus intéressants, il est à la fois Eros le dieu grec de l'Amour, Cupidon, l'angelot armé d'un arc qui décide ingénument des coups de foudre. Il parle aux coeurs, comprend les peines de l'âme, mais tous ne comprennent pas son langage qui nécessite soit une initiation, soit un penchant personnel pour le sujet. Grâce à ses ailes, il joue les intermédiaires entre les amants, comme le font les garçons d'honneur avant le mariage. Ainsi, dans les chansons les plus récentes, les oiseaux sont souvent les messagers humains : le rossignol pour le garçon, l'alouette pour la fille.

Rose (la) : fleur au symbolisme complexe et profond venu d'Orient. Amour mystique, amour de Dieu au Moyen Age, puis amour charnel à la Renaissance, enfin amour romantique. Les couleurs vont compliquer le sens : aujourd'hui on dirait la rouge pour la passion, la blanche pour la vertu, la jaune pour l'infidélité, etc... hier on aurait dit la rouge pour le mariage, la blanche pour la mort ... ah c'est pas simple!

Synecdoque : figure de style qui emploie un élément pour l'ensemble, extrêmement répandue en poétique populaire. Ex: la voile pour dire le navire.

Souliers : les cordonniers et les tailleurs étaient de très, très basse condition sociale, surtout en Bretagne; présenter des souliers, c'était proposer une vie amoureuse sans mariage. La jambe étant souvent le mot qui désignait la virginité d'une femme, la chausser, c'était devenir son amant. On ne se mariait pas avec un cordonnier sauf si on ne pouvait prétendre à mieux. Et pourtant, le propos a évolué, il a fini par prendre pour sens le fait de trouver justement une épouse à sa dimension sociale. On retrouve par exemple dans un conte bien connu qui recèle des trésors de mythes anciens, "Cendrillon", un prince qui va faire toutes les chaumières pour trouver celle qui mettra la chaussure de vair.

Gildas Monjoin

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